La Cartonnerie, Reims, 23/10/08
http://www.myspace.com/rokiatraore
18h30. Une foule de connaissances, d’habitués, peut-être, et de curieux, se presse à la librairie Rose et son roman. On bavarde, on tourne des pages et plus particulièrement ce soir, celles d’un intrigant autre livre rouge aux promesses orientales : Mon Oncle de Hanoï. Entre deux échanges, Catherine Lê Van, paisible et attentive, se souvient : « Je suis allée au Vietnam pour la 1ère fois en 1994, avec mon père. Nous avions toujours rêvé de partir sur les traces de nos ancêtres, à la rencontre de notre famille ; ce pays nous fascinait ». Le petit livre rouge est en fait son carnet de voyage, qui rassemble les dessins, croquis de lieux, visages et autres instants intimes du séjour, ainsi que de courts textes racontant son histoire de famille. « J’ai découvert la maison de mon oncle, mes cousins, leur façon de vivre et surtout, une nouvelle source d’inspiration. J’ai eu envie de travailler autour de thèmes différents ». Depuis, elle y passe environ un mois par an, à la recherche notamment des objets traditionnels qu’elle place au centre de sa peinture : paniers à riz confectionnés dans des tribus vietnamiennes, pots en bronze, paniers de pêche salis par le temps… Des objets neutres mais confidentiels, dont elle efface un peu du caractère exotique. Les couleurs, plutôt sombres, ainsi que l’absence de superflu, de détail, confèrent à ses toiles une allure occidentale en vogue. Dans le cadre des projets culturels d’établissements (financés par le Conseil Régional à hauteur ici d'environ 12000 euros), l’œuvre de l’artiste plasticien Ismaël Kachtihi del Moral a été saluée avec l'inauguration des nouveaux locaux du lycée Joliot Curie. Ce « Portrait d’un lycée », première résidence d’artiste dans la région, est censée s’inscrire dans une démarche d’ouverture culturelle et pédagogique... Hélas, elle n'est visible que du premier étage, et encore qu'à moitié. Au milieu de ces plaques bleues, posées sur la pelouse, sont recopiées les phrases naïves et ado des élèves, illisibles vues d'en haut. D'ailleurs illisibles aussi vues d'en bas, à moins de se pencher dessus à la verticale : "mon orthographe n'est peut-être pas parfaite, mais je peux penser" dit l'une d'entre elles. Mais à quoi donc? Un travail sans beaucoup de relief, sans trop de fatigue...