mercredi 22 octobre 2008

Les langues de peinture se délient...


Visible au C.C.A.S (Centre Communal d’Action Sociale) jusqu’en novembre, l’exposition « Langues de peinture » réunit les habitants d’un quartier. Inauguration.

C’est dans la continuité du projet « Autre peau/Autre ville », série d’actions artistiques visant à sensibiliser les habitants du quartier Croix-Rouge à la démolition des immeubles situés Cours Eisenhower, qu’a vu le jour l’exposition « Langues de peinture ». Initiée en 2007, l’opération avait déjà livré une installation plastique éphémère sous le porche du n°25, exposant l’intérieur d’une chambre, tout en meubles et petites habitudes quotidiennes. « En démolissant ces immeubles, on n’abat pas seulement du béton », confie Armelle Blary, artiste plasticienne en charge du projet. « Pour certaines personnes, c’est 30 ans de vie qui sont happées en quelques secondes. L’ambition de cet atelier était de faire émerger la sensibilité et l’émotion ressenties à l’égard de ces modifications du paysage ». Quelques habitantes du quartier se sont donc particulièrement investies dans le projet. Sous l’impulsion d’Armelle Blary, très présente à leurs côtés, des dessins ont été réalisés autour du thème de la maison (appartements, meubles, objets…), avant d’être reproduits sur de grands bandeaux de peinture, qui font aujourd’hui la fierté de leurs auteurs. « La rénovation des quartiers est un évènement parfois traumatisant, accompagné de nombreuses inquiétudes concernant l’avenir », reconnaît Eric Quénard, président de l’organisme logeur Reims Habitat. « Mais il ne faut pas perdre de vue l’objectif de ces restructurations : il s’agit avant tout d’améliorer le cadre de vie des résidents afin qu’ils s'y sentent mieux ». Car outre l’expérience commune de la transformation d’un paysage, cet atelier a surtout été l’occasion de réunir des familles, des femmes en situation parfois difficile et aujourd’hui, d’inviter les quartiers à se rencontrer. L’exposition « Langues de peinture » se tient donc dans les locaux du CCAS, rue Voltaire, prête à faire connaître et partager cette expérience humaine qui dure depuis 18 mois.

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