samedi 24 janvier 2009

Expo « Highway » : vitesse et vertige de la route

Avant de la conduire à Londres, le peintre et dessinateur Piotr Barsony gare son exposition chez Rose et son Roman. En place jusqu’au 15 mars.

Dimanche après-midi. Route déserte, rideaux baissés et portes closes. Venu tout droit de Paris, Piotr Barsony a étalé ses œuvres sur le parquet d’une librairie, entre escabeaux et café chaud. Dans un carton, près de 100 petites « femmes idéales », reproduites à l’identique et fixées sur des châssis, attendent de trouver leur place : les couleurs, déclinées presque à l’infini, leur confèrent un côté pop toujours en vogue. Mais pour l’heure, on s’occupe de leurs grandes sœurs, en taille adulte : pourquoi ne pas les installer sur les portes ?
Pas de doute, jean taille basse et casquette vissée sur la tête, l’artiste sait ce qu’il veut. Le thème, c’est la route : il ne craint donc pas la surcharge sur les murs, le flot des images comm
e celui des voitures. Et tandis qu’elles s’affichent à coups de marteau, les unes à côté des autres, les planches racontent leur histoire. « La route est un thème universel, un code qui fonctionne très bien si tout le monde le respecte », s’enthousiasme Piotr Barsony. « Sauf pour le cerf : il ne sait pas lire et traverse toujours à l’improviste ». Représenté d’abord en contour symbolique (celui, bondissant, des panneaux signalétiques en forêt), il ne devient réel (mais mort), qu’après le passage accidentel d’une voiture... Un triptyque déroutant.
Permettant enfin le jeu des reflets et de la transparence, le polyester est la matière qu’il préfère : « on se voit dans les tableaux presque comme dans un miroir ». Story board ou road movie, ses planches plastifiées ont des allures de poster tendance : « on dirait New York », commentera-t-il depuis un fauteuil, ravi de l’installation. Une ambiance moderne, extra-terrestre, un peu dangereuse… S’y arrêter d’urgence.



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